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Vibe coding : faire coder l'IA en Rust plutôt qu'en JavaScript

Demander à un agent IA de coder en Rust plutôt qu'en JavaScript : des logiciels bien plus légers. Exemple réel : une domotique 300 fois moins gourmande en mémoire.

Rudy Molinillo12 octobre 20266 min de lecture

Quand on demande à un agent IA de créer un site, une application ou un logiciel, il choisit en général la technologie la plus répandue pour ce type de projet. Pour le web, c'est souvent du JavaScript et des frameworks bien documentés. Le résultat fonctionne, mais il embarque beaucoup de couches techniques qui alourdissent le logiciel.

Il existe une autre option : demander à l'agent de coder dans un langage plus proche de la machine, le Rust. Longtemps réservé à des développeurs très expérimentés, ce langage devient accessible dès lors que c'est l'IA qui écrit le code. Dans cette vidéo, on explique pourquoi, puis on montre un cas réel : un système de domotique entièrement réécrit en Rust par une IA, qui consomme 300 fois moins de mémoire que la solution d'origine.

Pourquoi l'IA choisit des langages lourds par défaut

Un agent IA s'appuie sur ce qu'il connaît le mieux. Pour le web, il part naturellement vers JavaScript et ses frameworks, parce que la documentation et les exemples y sont abondants. Ces langages ont un haut niveau d'abstraction : ils sont pratiques à écrire, mais ils ajoutent de la complexité et de la lourdeur entre le programme et l'ordinateur.

Du haut niveau au bas niveau

Les langages de programmation s'empilent par couches :

  • en haut, des langages comme Python ou JavaScript, confortables mais gourmands ;
  • en dessous, le C et le C++, dits « bas niveau », plus proches du fonctionnement de la machine ;
  • encore en dessous, l'assembleur, puis le binaire.

D'où une question simple : pourquoi demander à un agent de coder en JavaScript, avec toutes ces couches, s'il peut coder directement dans un langage de bas niveau ?

Rust : un langage bas niveau qui sert de garde-fou à l'IA

Rust existe depuis une dizaine d'années. Il joue dans la même catégorie que le C et le C++, mais avec une gestion de la mémoire mieux pensée et surtout un compilateur très strict. Ce compilateur refuse le code tant qu'il n'est pas correct. Pour un agent IA, c'est une sorte de harnais : il écrit, se fait reprendre, corrige, et le logiciel qui en sort est plus solide.

Beaucoup de grandes entreprises ont entrepris de réécrire leur code en Rust, mais l'exercice reste long et pénible pour des humains : c'est un langage réputé difficile, qui « te veut du mal ». Un agent IA, lui, peut enchaîner les erreurs de compilation pendant des heures sans se décourager. Avec les modèles récents, ça fonctionne vraiment, ce qui n'était pas le cas il y a peu. Et il n'est même plus nécessaire de lire le code source : l'agent s'en charge, d'autres agents peuvent le relire.

La preuve : une domotique réécrite en Rust

Pour tester l'idée, Rudy a demandé à une IA de redévelopper entièrement son installation domotique, jusque-là basée sur Home Assistant, une solution très répandue mais lourde, qui demande d'installer de nombreux modules pour tout connecter. La consigne : repartir d'une base Rust, refaire toutes les connexions aux appareils et toute l'interface.

Le résultat, mesuré sur sa machine :

  • environ 8 Mo de mémoire vive, contre 2,31 Go pour la solution d'origine, soit près de 300 fois moins ;
  • un programme de 22 Mo au total, contre 2,3 Go ;
  • un processeur beaucoup moins sollicité, et une interface nettement plus rapide.

L'interface reste en JavaScript, mais toute la partie qui fait réellement tourner la maison est en Rust. Et ajouter une fonctionnalité se fait en une phrase, par exemple un graphique des consommations heures pleines et heures creuses par appareil.

Ce que permet un logiciel sur mesure

Au-delà de la performance, l'intérêt est de construire exactement l'outil voulu :

  • un plan de la maison vectorisé à partir d'un plan existant, modifiable comme dans un jeu de construction, avec un rendu 3D où l'on éteint une lumière d'un clic ;
  • des automatisations présentées sous forme de blocs reliés entre eux ;
  • un assistant IA connecté à toute la maison, capable de dire ce qui consomme le plus d'électricité à l'instant et d'éteindre ou rallumer une pièce ;
  • un assistant vocal avec son propre mot de déclenchement, sur un boîtier récupéré ;
  • une application mobile qui remonte la batterie et la localisation du téléphone pour déclencher des automatisations.

Le tout dans un logiciel qui consomme 300 fois moins de mémoire.

Un mouvement qui s'accélère

De plus en plus de projets de vibe coding passent au Rust pour des questions de performance. Certains réécrivent même des logiciels créatifs entiers dans ce langage, pour proposer des alternatives gratuites et plus légères. Plus besoin de chercher le prompt ou la méthode de quelqu'un : on peut demander directement à un agent « je veux ce logiciel en Rust ». Le mouvement « Rewrite It In Rust » a longtemps demandé des sacrifices humains ; aujourd'hui, les agents IA le font, vite et bien.

Et l'écologie dans tout ça ?

On entend souvent que l'intelligence artificielle pollue énormément. Les données disponibles invitent à nuancer : à l'échelle des émissions mondiales, le numérique pèse environ 1,5 à 4 %, et l'essentiel de son empreinte vient des équipements, à commencer par les téléphones. Les data centers n'en représentent qu'une petite partie, et l'IA une fraction de celle-ci. Les graphiques du baromètre IA de NXUS détaillent ces ordres de grandeur à partir de publications scientifiques.

Surtout, une IA qui produit du logiciel en Rust fait baisser la consommation des logiciels eux-mêmes : dans cet exemple, 300 fois moins de mémoire, un processeur jusqu'à 7 fois moins sollicité, un stockage divisé par 100. Ce ne sera pas aussi spectaculaire pour chaque logiciel, mais l'argument s'inverse : bien utilisée, l'IA peut rendre le logiciel beaucoup plus sobre.

À retenir

  • Par défaut, un agent IA code dans les langages les plus documentés, souvent lourds.
  • Le Rust, langage bas niveau au compilateur strict, devient accessible quand c'est l'IA qui code, et le compilateur lui sert de garde-fou.
  • Sur un cas réel, une domotique réécrite en Rust consomme 300 fois moins de mémoire.
  • Un logiciel plus léger, c'est aussi un logiciel plus sobre.

Pour aller plus loin, retrouvez nos prompts pour coder avec l'IA, les cas d'usage d'agents IA pour le développement, les skills Dev & Code et notre article sur la fatigue du vibe coding.

Source : Rudy IO

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Rudy Molinillo

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