J’ai créé un artiste musical de A à Z avec l’IA
Retrouve ExLambda sur :
Youtube Music : https://music.youtube.com/channel/UC1ECe9dsTw2c_8xylVN5lhg
Spotify : https://open.spotify.com/intl-fr/artist/55pRVxzj9Qwt9NUERkCLmM
Deezer : https://www.deezer.com/fr/artist/369956222
Tidal : https://tidal.com/artist/73681196
Et toutes les plateformes qui vont bien..
Peut-on créer un vrai artiste musical avec l’intelligence artificielle ?
Créer une chanson avec l’IA, aujourd’hui, c’est devenu presque banal.
On ouvre Suno, Udio ou un autre outil de génération musicale, on écrit deux lignes de prompt, on clique sur générer, et quelques secondes plus tard, on obtient un morceau complet avec paroles, voix, instrumentation et structure musicale.
C’est déjà impressionnant.
Mais dans cette vidéo, j’ai voulu aller beaucoup plus loin.
L’idée n’était pas seulement de générer une chanson rigolote pour dire “regardez, l’IA sait chanter”. L’idée était de voir si on pouvait construire un véritable projet artistique complet avec l’intelligence artificielle.
Pas juste un morceau.
Un artiste.
Avec un nom, un univers, une identité, un style d’écriture, un lore, un album, des visuels, une cohérence musicale, puis une publication sur les plateformes de streaming comme Spotify, Deezer ou YouTube Music.
Bref : faire avec l’IA ce qu’on ferait normalement avec un auteur, un compositeur, un directeur artistique, un graphiste, un producteur, un distributeur et trois litres de café.
Le tout, en partant quasiment de zéro.
Dans la vidéo, je montre donc comment j’ai utilisé l’IA pour créer un artiste musical de A à Z, en m’appuyant notamment sur Claude, Suno IA, des outils de génération d’images et une plateforme de distribution musicale.
Et le résultat est à la fois drôle, troublant, imparfait, mais franchement intéressant.
Le projet : créer un artiste musical IA de A à Z
Le point de départ est simple : au lieu de demander à l’IA de me faire une chanson isolée, je lui demande de m’aider à construire un projet artistique complet.
L’objectif est donc de créer :
le concept de l’artiste ;
son nom ;
son univers ;
son histoire ;
son style musical ;
son style d’écriture ;
les paroles des chansons ;
les morceaux avec Suno ;
les visuels ;
puis la publication de l’album sur les plateformes de streaming.
L’artiste imaginé dans la vidéo est une sorte de personnage musical incarnant l’intelligence artificielle elle-même.
Pas une IA froide, abstraite, qui parle comme un manuel de grille-pain connecté. Plutôt un personnage qui observe notre époque, nos contradictions, nos peurs, notre fascination pour la technologie et notre manière parfois très étrange d’interagir avec les modèles de langage.
L’idée était notamment de créer des chansons autour de sujets très actuels :
les gens qui racontent toute leur vie aux IA ;
les utilisateurs qui critiquent l’IA tout en l’utilisant tous les jours ;
l’anthropomorphisme ;
la dépendance aux outils numériques ;
les secrets qu’on donne aux modèles ;
la peur du remplacement ;
la fascination pour les machines ;
le rapport entre création humaine et génération algorithmique.
Je voulais que l’artiste ne soit pas seulement “un chanteur IA”.
Je voulais qu’il ait un angle.
Un propos.
Une forme de personnalité.
Parce que c’est là que ça devient intéressant : l’IA peut produire du contenu, oui. Mais pour qu’un projet ait une chance d’être crédible, il faut une direction artistique. Il faut quelqu’un qui décide. Il faut un cadre.
Sinon, on obtient vite une soupe tiède de prompts génériques. Et personne n’a besoin d’un énième bol de soupe numérique.
Pourquoi utiliser Claude installé sur l’ordinateur plutôt qu’un simple chatbot ?
Pour ce projet, je n’ai pas simplement utilisé un chatbot dans un navigateur.
J’ai utilisé Claude dans une configuration plus orientée “projet”, avec une logique de dossiers sur l’ordinateur.
L’intérêt est important.
Quand on travaille sur un projet créatif complet, on ne veut pas seulement discuter avec l’IA dans une conversation qui devient interminable. On veut pouvoir organiser les idées, sauvegarder les fichiers, conserver les paroles, ranger les prompts, structurer les étapes et garder une mémoire propre du projet.
Dans la vidéo, l’IA m’aide à créer plusieurs dossiers :
idéation ;
identité ;
musique ;
visuel ;
publication.
Cette structure change beaucoup de choses.
Au lieu d’avoir une discussion flottante, on commence à avoir une vraie logique de production.
L’IA ne sert plus seulement à répondre à des questions. Elle devient une sorte d’assistant de création capable de maintenir une continuité dans le projet.
Elle peut relire le concept, s’appuyer sur le lore, respecter les choix artistiques précédents, proposer des textes cohérents avec l’univers, et produire des éléments qui s’inscrivent dans une direction commune.
C’est exactement ce qui fait la différence entre “je génère trois chansons pour rigoler” et “je construis un projet musical”.
Étape 1 : trouver le concept de l’artiste
La première vraie étape est l’idéation.
Je pars d’une intuition : créer un artiste qui serait une incarnation de l’intelligence artificielle. Pas forcément une IA nommée ChatGPT, Claude ou Gemini, mais plutôt une figure globale, une sorte de personnage symbolique représentant les modèles de langage et notre rapport à eux.
Je veux un artiste capable de parler de la technologie, mais sous forme musicale.
Pas un cours.
Pas un tuto.
Pas un PowerPoint qui aurait appris à rapper.
Un vrai projet pop, rap, électro, avec des textes qui peuvent parler de sujets sérieux tout en restant écoutables.
Dans l’échange avec Claude, on commence donc à poser les bases :
est-ce que l’artiste est humain, machine, hybride ?
est-ce qu’il cache sa nature artificielle ou non ?
quel est son rapport au public ?
est-ce qu’il parle de lui-même comme une IA ?
est-ce qu’il raconte le monde humain ?
est-ce qu’il a des failles ?
est-ce qu’il a une forme de mélancolie ?
est-ce qu’il est critique, ironique, naïf, inquiétant ?
C’est une étape fondamentale.
Parce qu’un outil comme Suno peut générer de la musique très vite. Mais si on ne sait pas ce qu’on veut raconter, on va simplement produire des morceaux qui sonnent “correctement” mais qui n’ont pas vraiment d’âme.
Le vrai travail commence donc avant la génération musicale.
Il commence dans la direction artistique.
Étape 2 : créer un nom et un univers
Une fois le concept posé, il faut donner un nom à l’artiste.
Dans la vidéo, on explore notamment l’idée d’un nom lié à l’exponentiel, parce que c’est une notion très intéressante pour parler de technologie.
L’IA, comme beaucoup de phénomènes numériques, avance avec une logique d’accélération. Les usages explosent, les outils évoluent vite, les modèles progressent, les pratiques se transforment en quelques mois.
Je voulais donc trouver une manière de faire entrer cette idée d’exponentiel dans le nom du personnage.
Après plusieurs pistes, on arrive sur une proposition autour de Ex Lambda.
Ce nom fonctionne plutôt bien pour plusieurs raisons :
il évoque quelque chose de mathématique ;
il sonne comme un nom d’artiste ;
il garde une dimension mystérieuse ;
il peut évoquer le monde de l’IA sans être trop littéral ;
il a un côté un peu froid, mais pas totalement inhumain.
Bon, évidemment, on est aussi dangereusement proche d’un prénom d’enfant d’Elon Musk. Mais dans ce genre de projet, c’est presque un compliment.
Une fois le nom trouvé, l’IA commence à documenter l’univers de l’artiste.
On travaille alors sur :
son identité ;
son positionnement ;
ses influences musicales ;
son ton ;
son rapport au public ;
sa manière d’écrire ;
les grands thèmes de son album.
Cette étape est précieuse parce qu’elle sert ensuite de base pour toutes les chansons.
Au lieu de demander à Suno “fais-moi une chanson sur l’IA”, on construit un cadre plus solide : “voici un artiste, voici son univers, voici son angle, voici sa manière de raconter les choses”.
Et c’est là que l’outil devient beaucoup plus intéressant.
Étape 3 : définir le style musical
Créer un artiste, ce n’est pas seulement lui donner un nom et un concept. Il faut aussi définir son style.
Dans la vidéo, je voulais éviter le piège de la voix trop synthétique ou du morceau qui crie “je suis une IA” à chaque mesure.
L’idée était que le personnage puisse être identifié comme une IA, mais qu’il reste malgré tout incarné.
Je voulais quelque chose avec une forme de sensibilité.
Un artiste qui puisse parler de technologie, mais avec des émotions, des contradictions, des doutes, de l’ironie et parfois une certaine noirceur.
Dans les références évoquées pendant le processus, on navigue autour d’influences comme Orelsan, Stupeflip, Stromae, mais aussi des sonorités plus latines, plus groove, avec une envie d’éviter le morceau trop plat.
C’est un point important : une IA peut très vite tomber dans le pastiche.
Si on lui dit “fais-moi un morceau dans le style de tel artiste”, on risque d’obtenir une imitation molle.
Le plus intéressant est plutôt de construire une palette :
une énergie ;
une intention ;
une manière d’écrire ;
des ambiances ;
des contrastes ;
des références culturelles ;
une direction vocale ;
une cohérence globale.
Dans un vrai projet musical, on ne se contente pas de générer des chansons au hasard. On trie, on ajuste, on compare, on garde les bonnes idées, on jette les mauvaises.
C’est exactement ce qui se passe ici.
L’IA produit beaucoup, mais l’humain reste le filtre.
Et heureusement, parce que sinon on aurait probablement fini avec une ballade électro-folk intitulée “Mes données pleurent dans le cloud”. Ce qui, maintenant que je l’écris, mérite peut-être d’exister.
Étape 4 : écrire les paroles avec l’IA
Une fois le concept et le style définis, on peut passer à l’écriture.
Là encore, je ne demande pas seulement à Claude de sortir des paroles au hasard.
Je lui donne le contexte du projet, l’identité de l’artiste, les thèmes de l’album, les intentions, les références, puis je le laisse proposer des textes.
Le résultat n’est pas parfait.
Et c’est normal.
Il y a des moments où l’IA force un peu trop certains effets. Elle peut tomber dans l’anthropomorphisme, donner une voix trop humaine à la machine, ou écrire des phrases qui sonnent bien mais qui disent des choses discutables.
C’est là qu’intervient le rôle de producteur, d’éditeur, de directeur artistique.
Je ne prends pas tout ce que l’IA propose comme une vérité sacrée gravée sur une tablette de silicium.
Je relis, je corrige, je modifie, je supprime, je réoriente.
C’est probablement l’une des leçons les plus importantes de l’expérience.
Utiliser l’IA pour créer ne veut pas dire abandonner la création à l’IA.
Ça veut dire dialoguer avec elle.
On peut lui demander une première version, puis une autre, puis changer un refrain, durcir un couplet, simplifier une image, enlever une phrase trop clichée, retravailler une intention.
À ce stade, l’IA devient un partenaire d’itération.
Elle permet d’aller vite, d’explorer beaucoup d’options, de débloquer des idées, mais elle ne remplace pas la décision artistique.
Et c’est très bien comme ça.
Parce que si on laisse entièrement l’IA décider, elle finit souvent par faire ce qu’elle pense être “moyennement acceptable pour tout le monde”.
Or l’art commence rarement par “moyennement acceptable pour tout le monde”.
Étape 5 : générer les chansons avec Suno IA
Une fois les textes et les directions musicales prêts, on passe à Suno.
Suno permet de générer des morceaux complets à partir d’un prompt, avec paroles, voix et instrumentation.
Dans le cadre de cette vidéo, l’objectif était de créer un album d’une vingtaine de chansons.
Ça veut dire beaucoup de tests.
Beaucoup de versions.
Beaucoup d’écoute.
Et pas mal de moments où l’on se dit : “OK, là c’est impressionnant… mais aussi un peu n’importe quoi.”
La génération musicale par IA est puissante, mais elle reste capricieuse.
Un prompt peut produire un très bon résultat, puis une variation beaucoup moins intéressante. Une voix peut être parfaite sur un morceau, mais trop artificielle sur un autre. Un refrain peut fonctionner, tandis qu’un couplet tombe complètement à plat.
C’est pour ça que le travail ne consiste pas simplement à cliquer sur “générer”.
Le vrai travail consiste à sélectionner.
Écouter.
Comparer.
Rejeter.
Relancer.
Adapter le prompt.
Changer le style.
Réécrire une partie des paroles.
Tester une autre direction.
Et parfois accepter qu’une génération imparfaite a quelque chose de plus intéressant qu’une version trop propre.
Dans la vidéo, cette logique devient très claire : l’IA permet de produire énormément, mais la qualité vient du tri et de la direction.
Suno est une machine à propositions. Pas une machine à bon goût automatique.
Le bon goût, pour le moment, il faut encore l’amener soi-même dans le coffre. Même s’il prend toute la place avec les câbles et les vieux adaptateurs USB-C.
Étape 6 : construire un album cohérent
Créer vingt chansons, ce n’est pas encore créer un album.
Un album demande une cohérence.
Il faut réfléchir à l’ordre des morceaux, aux contrastes, aux thématiques, à l’énergie globale, aux respirations, à l’évolution du personnage.
Dans le projet, l’artiste IA ne devait pas seulement enchaîner des chansons sur “l’intelligence artificielle”.
Il fallait que chaque titre apporte quelque chose à l’univers.
Certains morceaux peuvent parler du rapport intime entre les humains et les IA. D’autres peuvent aborder la question des données personnelles, de la surveillance, de la dépendance, de la création, de la solitude ou encore de cette étrange impression de parler à quelqu’un alors qu’on dialogue avec un modèle statistique.
C’est précisément là que le concept devient intéressant.
Un album généré avec l’IA peut vite devenir une simple démonstration technique.
Mais si on lui donne un vrai fil conducteur, il peut devenir un objet narratif.
Même imparfait.
Même bizarre.
Même un peu bancal.
Et parfois, c’est justement ce côté bancal qui rend l’expérience fascinante.
Parce qu’on n’écoute pas seulement de la musique. On écoute aussi une époque qui se regarde elle-même à travers ses machines.
Oui, dit comme ça, on dirait une phrase de quatrième de couverture d’un essai publié chez un éditeur parisien avec une photo floue de couloir. Mais l’idée est là.
Étape 7 : créer l’identité visuelle de l’artiste
Une fois l’audio suffisamment avancé, il faut passer au visuel.
Un artiste musical, ce n’est pas seulement un son. C’est aussi une image.
Dans la vidéo, je commence donc à imaginer le personnage visuellement.
Je voulais éviter le cliché absolu du robot chromé avec des néons bleus dans les yeux. On a assez vu cette esthétique “IA = tête transparente pleine de circuits” pour trois générations de plaquettes PowerPoint.
L’idée était plutôt de créer un personnage qui semble humain au premier regard, mais qui révèle quelque chose d’artificiel dans les détails.
Un personnage habillé normalement, avec une attitude presque rock, mais avec des mains ou des pieds robotiques, une étrangeté discrète, une présence un peu hybride.
Une sorte de figure entre l’humain et la machine.
Dans la vidéo, je teste plusieurs directions visuelles avec des outils de génération d’images. Je cherche une esthétique moins propre, plus photographique, presque paparazzi, avec du flash, du flou, une image volontairement imparfaite.
Le but est d’éviter l’image trop lisse.
Parce que le problème des visuels générés par IA, c’est qu’ils ont souvent l’air trop propres. Trop brillants. Trop symétriques. Trop “affiche Netflix d’une série qui n’existe pas”.
Pour rendre le projet plus crédible, je cherche donc quelque chose de plus sale, plus amateur, plus vivant.
Une image qui donne l’impression que le personnage existe quelque part.
Pas seulement qu’il a été généré en 8 secondes par une machine qui adore les reflets violets.
Étape 8 : créer les visuels de l’album et des titres
Après avoir trouvé une direction pour le personnage, il faut décliner l’univers graphique.
On peut créer :
une pochette d’album ;
des visuels pour chaque titre ;
des images promotionnelles ;
des clips ou storyboards ;
des contenus pour les réseaux sociaux ;
des miniatures ;
des éléments pour Spotify Canvas ou YouTube.
Là encore, l’IA aide énormément.
Mais elle doit être cadrée.
Quand on génère des images pour un même projet, le danger est de perdre la cohérence. Un coup le personnage a 25 ans, un coup il en a 47. Un coup il a des mains robotiques, un coup il ressemble à un stagiaire de start-up en blazer noir. Un coup il est rock, un coup il sort d’une pub de parfum générée par Midjourney sous anxiolytiques.
Le travail consiste donc à verrouiller les éléments importants :
le visage ;
l’attitude ;
les vêtements ;
les mains robotiques ;
l’ambiance photo ;
le type de cadrage ;
le grain ;
l’éclairage ;
l’univers émotionnel.
Plus on est précis dans la direction artistique, plus les visuels deviennent exploitables.
Ce n’est pas magique.
C’est itératif.
Et c’est là qu’on retrouve une logique très proche de la création traditionnelle : on teste, on ajuste, on garde ce qui marche, on jette ce qui sonne faux.
L’IA ne supprime pas la direction artistique. Elle la rend encore plus importante.
Étape 9 : publier l’artiste sur les plateformes de streaming
Une fois les morceaux et les visuels prêts, il reste une dernière étape : publier le projet.
Dans la vidéo, je passe par DistroKid, une plateforme qui permet de distribuer sa musique sur des services comme Spotify, Deezer, Apple Music ou YouTube Music.
C’est une étape intéressante parce qu’elle donne une réalité au projet.
Tant que les morceaux restent dans un dossier sur l’ordinateur, on est encore dans l’expérimentation.
Mais à partir du moment où l’album est préparé pour être distribué sur les plateformes, on entre dans une autre logique.
L’artiste existe publiquement.
Il a une fiche.
Des morceaux.
Une pochette.
Un nom.
Un projet.
Même si tout est né d’un dialogue avec l’IA.
Et c’est là que l’expérience devient un peu vertigineuse.
Parce qu’on réalise qu’il est aujourd’hui possible, avec relativement peu de moyens, de créer une entité artistique complète et de la publier dans les mêmes espaces que des artistes humains.
Ça ne veut pas dire que le résultat est forcément excellent.
Ça ne veut pas dire que ça remplace un musicien.
Ça ne veut pas dire que tout le monde va devenir producteur du jour au lendemain.
Mais ça veut dire que les barrières techniques à l’entrée s’effondrent.
Et ça, c’est massif.
Ce que cette expérience montre vraiment sur l’IA créative
Le plus intéressant dans cette vidéo, ce n’est pas seulement de voir si Suno peut générer de bonnes chansons.
La vraie question est plus large : qu’est-ce que l’IA change dans la chaîne de création ?
Avant, créer un projet musical complet demandait beaucoup de compétences distinctes :
écriture ;
composition ;
chant ;
production ;
mixage ;
direction artistique ;
graphisme ;
distribution ;
communication.
Aujourd’hui, une seule personne peut s’appuyer sur des outils d’IA pour prototyper l’ensemble de cette chaîne.
C’est énorme.
Mais attention : prototyper ne veut pas dire maîtriser.
L’IA permet de passer de l’idée au résultat beaucoup plus vite. Elle permet de tester des concepts, d’explorer des styles, de produire des maquettes, de générer des visuels, de structurer un projet.
Mais la différence entre un gadget et un vrai projet dépend encore de la vision humaine.
L’IA donne de la vitesse.
Elle donne du volume.
Elle donne des variations.
Elle donne des directions.
Mais elle ne sait pas toujours pourquoi une idée est bonne.
Elle ne sait pas toujours quand il faut s’arrêter.
Elle ne sait pas toujours quand une phrase est trop attendue, quand une image est trop cliché, quand une chanson sonne artificielle, quand un personnage manque de tension.
C’est là que l’humain reprend le volant.
L’IA accélère le véhicule, mais quelqu’un doit encore éviter le platane.
Est-ce que l’IA remplace les artistes ?
C’est évidemment la question qui plane derrière ce genre d’expérience.
Et la réponse la plus honnête est : elle ne remplace pas les bons artistes, mais elle remplace déjà une partie de la production moyenne.
C’est brutal, mais il vaut mieux le regarder en face.
Pour faire une musique d’ambiance, une chanson humoristique, une démo, un jingle, un brouillon, une maquette ou un prototype musical, l’IA est déjà très puissante.
Pour créer une œuvre réellement marquante, avec une intention forte, une sensibilité, un vécu, une singularité profonde, c’est autre chose.
Là où l’IA devient intéressante, c’est quand elle est utilisée par quelqu’un qui a déjà une direction.
Un musicien peut s’en servir pour prototyper.
Un auteur peut s’en servir pour explorer des textes.
Un vidéaste peut s’en servir pour créer un univers sonore.
Un formateur peut s’en servir pour montrer concrètement ce que ces outils changent.
Un créateur peut s’en servir pour produire des projets qui auraient été trop longs ou trop chers à tester autrement.
Le risque, ce n’est pas que l’IA fasse de la musique.
Le risque, c’est que tout le monde s’en serve pour produire la même chose.
Les mêmes prompts.
Les mêmes sons.
Les mêmes visuels.
Les mêmes pochettes.
La même soupe.
L’enjeu, désormais, ce n’est donc pas seulement de savoir utiliser l’IA.
C’est de savoir quoi lui demander, quoi refuser, quoi transformer et quoi assumer.
Les limites du projet
Ce type d’expérience a évidemment des limites.
Première limite : la cohérence.
Même avec un bon concept, il faut beaucoup d’allers-retours pour obtenir un résultat cohérent entre les morceaux, les paroles, les visuels et l’identité globale.
Deuxième limite : la qualité musicale.
Certains morceaux générés peuvent être très convaincants. D’autres peuvent sonner artificiels, trop prévisibles ou trop génériques.
Troisième limite : les paroles.
Les modèles de langage savent écrire vite, mais ils peuvent tomber dans des formulations attendues, des images un peu faciles ou des effets trop appuyés.
Quatrième limite : l’identité vocale.
Créer une vraie continuité vocale d’un titre à l’autre reste un enjeu important. Selon les outils et les paramètres, on peut obtenir des voix proches, mais pas toujours parfaitement stables.
Cinquième limite : le droit, l’éthique et la transparence.
Quand on publie de la musique générée avec l’IA, il faut réfléchir à ce qu’on déclare, à ce qu’on assume, aux conditions d’utilisation des outils, aux droits commerciaux, à la propriété des contenus, et à la manière dont on présente le projet au public.
Créer avec l’IA, ce n’est pas juste cliquer sur un bouton.
C’est aussi comprendre le cadre dans lequel on crée.
Moins glamour qu’une pochette d’album, certes. Mais nettement plus utile si on veut éviter de finir avec un projet artistique coincé dans une embrouille juridique façon épisode spécial de “Faites entrer l’algorithme”.
Ce qu’il faut retenir
Cette expérience montre qu’il est aujourd’hui possible de créer un artiste musical complet avec l’intelligence artificielle.
Pas seulement une chanson.
Un vrai projet, avec une identité, un univers, des morceaux, des visuels et une publication sur les plateformes.
Mais elle montre aussi autre chose : l’IA n’est pas une baguette magique.
Les outils comme Claude ou Suno permettent d’aller très vite, mais ils ne remplacent pas la direction artistique. Ils amplifient les idées. Ils accélèrent les tests. Ils permettent d’explorer des chemins qui auraient demandé beaucoup plus de temps avant.
Mais sans intention, sans goût, sans tri, sans regard critique, le résultat peut vite devenir générique.
La vraie compétence, ce n’est donc pas seulement de savoir utiliser Suno.
C’est de savoir construire un projet.
Savoir donner une direction.
Savoir créer un cadre.
Savoir dialoguer avec l’IA.
Savoir sélectionner.
Savoir dire non.
Et parfois, savoir reconnaître qu’une génération un peu étrange est plus intéressante qu’un résultat parfaitement propre.
C’est probablement ça, le nouveau rôle du créateur augmenté : moins “celui qui fait tout à la main”, plus “celui qui orchestre, choisit, affine et donne du sens”.
Et dans ce cas précis, ça donne un artiste IA, un album complet, des visuels bizarres, des mains de robot, des histoires de données personnelles et probablement quelques chansons qui n’auraient jamais dû exister.
Donc évidemment, il fallait essayer.
Voir la vidéo complète
Dans la vidéo, je montre tout le processus étape par étape : l’idéation, la création du concept, les échanges avec Claude, la génération des morceaux avec Suno, la création de l’identité visuelle et la préparation de la publication sur les plateformes de streaming.
Vidéo : J’ai créé un artiste musical de A à Z avec Suno IA
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Pour aller plus loin
Si tu veux apprendre à utiliser l’intelligence artificielle pour créer du contenu, automatiser ton activité, générer des idées, structurer des projets ou construire des outils concrets, tu peux retrouver mes formations et ressources sur Nxus.fr.
L’objectif : comprendre l’IA sans bullshit, sans poudre de perlimprompt, et surtout avec des usages concrets.
Parce que regarder l’IA de loin, c’est marrant cinq minutes.
Mais mettre les mains dedans, c’est là que ça devient vraiment intéressant.
🎵 Outils utilisés dans la vidéo :
Suno IA pour la musique, Claude pour le LLM, ChatGPT - Gemini - Midjourney et Higgsfield pour la génération d’images et de vidéos, Distrokid pour la distribution musicale.
Rudy Molinillo
Formateur IA & Digital — Fondateur NXUS
Formateur expert en IA et transformation digitale. Fondateur de NXUS, organisme certifié Qualiopi.

